Entre le Xe et le XIe siècle est érigé le château de Montrevault, entouré de sa forteresse (composée de murailles maçonnées, et de douves naturelles grâce à la présence de l’Èvre). De cette époque, il subsiste un grand mur de soutènement, située entre la parcelle contenant les bâtiments et la cour d’honneur et le jardin d’agrément situé en contrebas. Ce mur constitué de pierres locales extraites de la roche a naturellement été remanié au cours des siècles suivants, mais conserve en grande partie sa base millénaire.
Au XIe siècle, la chapelle du château est située à l’emplacement des actuels bâtiments. On peut ainsi supposer, au vu de l’ancienneté des murs et de leur épaisseur, que des portions de cette chapelle subsistent au sein de l’actuelle « dépendance », que l’on observe à gauche, accolée à l’actuelle église Notre Dame de Montrevaut.
Aux XVIe et XVIIe siècles, une propriété assez conséquente est identifiée sur la parcelle, ces bâtiments sont toujours existants mais inclus dans le remaniement réalisé au XIXe siècle.
Au XVIIIe siècle, la propriété appartient à la famille Langevin. Famille notable de Montrevault, un Langevin est notamment « curé du Petit et du Grand Montrevault », un autre est notaire.
En 1761, Anne Langevin - alors héritière du domaine familial - épouse Simon Chesnay. La famille Chesnay est une famille de meuniers implantés au moulin de Couroussé, à La Chapelle-Saint-Florent. Cette famille connaît ensuite une grande prospérité grâce au commerce et devient propriétaire de nombreux biens fonciers (elle possède en outre les terrains du château de Bel-Air situé à la Musse).
Vers 1850/60, la propriété appartient à Julie-Anne Chesnay, épouse de Armand Badreau, alors huissier de la Justice de Paix de Montrevault.
En 1857 la reconstruction de l’église de Montrevault est actée, l’ancienne église des XVIe et XVIIe siècle est rasée pour laisser place à un édifice plus grand et plus haut. Ces travaux impactent la propriété des Chesnay située à proximité immédiate : le jardin de la dépendance disparait sous la nouvelle église et les ouvertures de la dépendance donnant sur l’église doivent être condamnées. Ces contraintes encouragent la famille Chesnay à entreprendre de grands travaux de remaniements de l’ensemble de leurs bâtiments. Grâce au talent de l’architecte et des entrepreneurs, les vieux murs sont modifiés de toute part pour instaurer un esprit de néo-renaissance italienne.
La propriété est alors remarquable, elle contient des entourages de fenêtres composés de tuffeaux pour les parties visibles depuis la rue, une alternance de tuffeaux/briques – très en vogue à Clisson depuis le début du XIXe siècle – pour les façades situées dans la cour d’honneur. La dépendance dispose alors d’entourage de fenêtres en briques orangées. Les encadrements sont surmontés d’anse de panier ou pour d’autres d’arc déprimés. L’ensemble est surmonté d’une corniche à modillons de tuffeaux, d’une corniche en alternance de tuffeaux/brique et d’une corniche en briques locales.
L’agencement est établi comme il suit :
Le rez-de-jardin et le premier étage de la maison noble dispose de salons, cuisine, et chambres des propriétaires. Le deuxième étage héberge le personnel de maison. La dépendance dispose en partie basse des servitudes communes : lavage du linge, atelier, cave à vin. L’étage est composé d’un logement pour une famille de journalier.
Le domaine est assez complet, il comporte en outre un kiosque d’agrément (démoli dans les années 1940 pour faire place au garage), une grande serre de 25m² située dans le jardin en contrebas, de fontaines, d’une volière, d’un grand jardin d’agrément et d’un portager.
A la fin du XIXe siècle, Hortense Chesnay (nièce de Julie-Anne Chesnay et héritière du domaine familial) épouse en secondes noces Olivier Baron, pharmacien de Montrevault. Monsieur Baron tient alors une officine dans la dépendance, et héberge Julien Rousseau, futur chef de la fanfare de Montrevault.
En 1918, Hortense Chesnay décède sans enfants. La propriété est alors revendue à la découpe par ses héritiers nombreux et lointains. Subsiste heureusement à ce morcellement la propriété d’agrément, composée de la parcelle des bâtiments et du jardin situé en contrebas. L’ensemble est racheté par Jean Blavier, fils de Paul Blavier (du château de La Bellière à Saint-Pierre-Montlimart). Les Blavier utilisent alors cette maison pour héberger les directeurs et personnels hauts placés de leur société d’exploitation des mines d’or.
En 1939, le bâtiment est vacant suite aux départs des directeurs pour l’effort de guerre. Les bâtiments sont alors réquisitionnés dans un premier temps pour héberger les refugiés de Paris ayant fuient la capitale occupée par l’ennemi. Les allemands réquisitionnent à leur tour pour y placer la kommandantur de Montrevault.
En 1941, la société des mines d’or désirant que les bâtiments soient libérés de l’occupation allemande et n’en ayant plus d’usage, accepte de les vendre à Augustin Peigné, industriel très intéressé par le presbytère situé rue Mermoz. La vente est conclue en août 1941 avec les conditions suivantes : Augustin Peigné achète en son nom avec garantie de don à la paroisse dans les mois qui viennent, ce qui lui permet ainsi de récupérer le presbytère initial pour son usage personnel.
La paroisse prend possession des lieux en octobre 1941, après divers travaux de rafraichissement permis grâce aux nombreux dons des paroissiens.
Les abbés résident dans la maison noble dans le cadre de leur fonction ecclésiastiques jusqu’en 2005. La dépendance sert quant-à-elle de salle de catéchisme et d’école libre. Le dernier curé occupant les lieux est Robert Samson.
En 2025, le domaine est alors relativement dégradé : inhabité depuis 20 ans, les extérieurs sont en friche, les intérieurs se dégradent notamment à cause de mauvais travaux réalisés dans les années 1940 à 1980 (fenêtres de mauvais format, enduits de ciment, etc…) La mairie de Montrevault décide alors sa mise en vente. La vente est actée le 12 mars 2026.
Depuis cette date, les propriétaires s’affairent à défricher le domaine, et de restaurer l’ensemble des bâtiments et des jardins. Le respect de l’histoire et de l’architecture de cette maison est primordial : les ornements qui ont disparus au cours des dernières décennies sont petit à petit restitués, et les décors anciens subsistants sont restaurés le plus fidèlement possible.
La maison noble redeviendra une maison d’habitation. La dépendance accueillera un gîte principalement destiné aux pèlerins et randonneurs au premier étage.
La Chesnay est une propriété remarquable située au chevet de l’église de Montrevault. Multiples usages constituent son histoire : fortification, chapelle, maison noble presbytère. Les remaniements néo-renaissance entrepris au XIXe siècle ont permis à cette maison de s’intégrer dans le paysage local.






